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1950-1959 DE LA CÔTE ALGÉRIENNE AU RIVAGE CORSE

« Voici la grand-place de Castiglione, aujourd’hui Bou-Ismaïl, mon village natal, où je suis venu au monde le 28 juin 1950. Je me revois en barboteuse, petite tête blonde aux cheveux bouclés. Je me souviens que j’allais à la plage avec Aïcha, ma chère nounou. C’est mon enfance et ces parfums que je retrouve dans ces lumières. Quelle douceur de vivre ! Ce sont les mêmes sourires que j’accroche aujourd’hui au Maroc, à Marrakech. Avec la guerre d’Algérie, mes parents, originaires de Castagniccia, ont préféré me renvoyer en Corse. C’est très étrange, parce que j’ignorais tout de mes origines. En même temps, mon sang est corse, mes ancêtres le sont, et je n’ai pas attendu l’histoire pour l’être moi-même. »

1960-1969 UN ADOLESCENT FOOTBALLEUR, ENTRE CORSE ET CATALOGNE

« Mon père savait que j’étais doué un ballon au pied. À Perpignan où nous avions déménagé, il avait monté un club, l’ASP-FLL pour Association sportive-Foyer Léo Lagrange. Comme il avait été un gardien de but réputé, je jouais aussi dans les cages avec les mêmes qualités : la rapidité de l’œil et celle des mains. À l’époque, j’étais fan de Dominique Colonna, titulaire à ce poste en équipe nationale. J’ai eu l’occasion de le rencontrer plus tard en Corse, dans un lieu magique, l’Auberge Colonna, qu’il avait ouvert en famille à Corte. »

1970-1990 DES FAITS D’ARMES DANS LA VARIÉTÉ

« Le monde de la variété, c’était le temps des tournées. J’étais chez Polydor, j’avais fait la première partie de Joe Dassin dans les arènes de Montpellier. À Paris, j’enregistre très vite mes premiers disques grâce à Pierre Porte et Pierre- André Doucet, les meilleurs auteurs- compositeurs du moment, qui écrivaient notamment pour Sylvie Vartan. Claude Dejacques, le directeur artistique de Barbara, m’a alors repéré pour Pathé Marconi. Après, j’ai travaillé avec les plus grands paroliers de la chanson française: Didier Barbelivien, Frank Thomas, Étienne Roda-Gil. Je faisais de la scène, de la télé, les Midi Première, les passages chez Drucker..."

1991-1999 L’INSPIRATION IVOIRIENNE

« Après dix ans à la tête d’un hôtel-restaurant de luxe où j’avais pris mes quartiers à Abidjan, en Côte d’Ivoire, je décide de me consacrer entièrement à l’art et à la création. Pour la première fois, je montre mes toiles et mes statues massaïs chez Simone Guirandou-N’Diaye, à la tête de la galerie Arts Pluriels, rue des Jardins. Pour moi, il était nécessaire de revisiter les formes traditionnelles de l’Afrique d’une manière contemporaine. Parallèlement, j’avais créé un atelier, baptisé “Comment-Fer”, pour mettre en œuvre mes projets avec des artisans locaux.»

1999-2010 LA FIN DU RÊVE AFRICAIN

« D’abord, il y a le coup d’État du 24 décembre 1999, en Côte d’Ivoire. Un jour, je me fais braquer par huit bonshommes armés qui font irruption chez moi. Il est 5 h du matin, ces types, ultraviolents, me sortent du lit et me traînent par terre. L’un d’eux me plante le canon de son fusil dans la nuque. Là, j’ai des images d’Algérie qui me reviennent en rafales. J’ai l’impression que ma vie s’est arrêtée. Quand ils sont partis, je ne pouvais plus parler, j’aurais dû être mort. Le lendemain, j’ai dit à mes jeunes, à l’atelier : “Je crois que c’est fini...” C’est ainsi que je suis reparti en Corse. »

2010-2014 RENAISSANCE SUR L’ÎLE DE BEAUTÉ

« Après mon retour, j’ai peu à peu repris pied. Mon envie de peindre et de sculpter a été la plus forte et j’ai retrouvé le chemin de l’atelier pour reprendre mes projets de création et d’exposition. Tout s’est enchaîné, comme d’habitude, aussi naturellement que mes voyages ou mes échanges avec Serge Ricco et nos soirées “Dînart” à l’Auberge du coucou...»